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Les directeurs n’ont rien à gagner avec les EPEP

Publié le 20 novembre 2009

Les directeurs sont confrontés chaque jour davantage à la multiplication des sollicitations, des tâches diverses et des partenaires imposés.

Cette situation, produit direct des orientations ministérielles de remise en cause de nos garanties statutaires de fonctionnaire d’état impose la polyvalence et la déréglementation pour accélérer le processus des suppressions de postes dans l’Education nationale.

Ainsi la masterisation des concours conduit à l’envoi de 50 000 étudiants en stage « en responsabilité » dans des classes pendant 4 à 5 semaines. Non seulement la masterisation supprime 9 182 postes de stagiaires IUFM au budget 2010 mais elle va transférer immanquablement la prise en charge de la formation de ces étudiants sur les directeurs comme ce fut déjà le cas avec les stages filés.
Cette situation ne saurait être le prétexte pour instrumentaliser les directeurs et en faire le cheval de Troie des EPEP.
L’aide personnalisée et son corollaire des 3 000 suppressions de postes de RASED aggravent les conditions de travail des enseignants comme celles des directeurs.
Cet empilement des tâches doit cesser. Il faut mettre un terme au processus de déréglementation et de flexibilité.

« Proposer d’installer dans le 1er degré une structure ayant les compétences d’un établissement public » au niveau duquel « les modalités d’organisation doivent se prendre » comme le revendique le SGEN-CFDT (*), c’est accroître l’autonomie des écoles au détriment d’une réglementation nationale inscrite dans le statut général de la Fonction publique et les statuts particuliers.
C’est exactement ce que propose le député Frédéric Reiss, initiateur de la proposition de loi sur les EPEP, pour introduire du « contrat dans le statut »(1) et ouvrir la voie au transfert vers les collectivités territoriales.

A l’inverse, c’est exactement ce que rejettent les enseignants depuis 5 ans rejoints par 86 % des maires (2).

Revendiquer un « statut d’emploi fonctionnel » (*) pour les directeurs au prétexte que « trop de décisions concernant la gestion de l’école sont prises à l’inspection académique (…), à la mairie » revient de fait à les extraire du statut d’enseignants fonctionnaires d’Etat pour en faire une catégorie à part placée au dessus de leurs collègues enseignants et en dehors de l’Education nationale

Comme tout emploi fonctionnel il peut être ouvert à tous les corps de fonctionnaires sans garantir aux directeurs un accès privilégié. « Beaucoup de candidats et bien peu d’élus » déclarait Monsieur Reiss au SNUDI-FO à propos des perspectives d’accès au poste de directeur d‘EPEP pour les actuels directeurs d‘école.
La création d’un « emploi fonctionnel » dont l’accès est conditionné au bon vouloir de la hiérarchie viendrait s’ajouter au dispositif de rémunération au mérite (hors classe) déjà décrié par l’ensemble de nos collègues.

Pour le SNUDI-FO la défense des conditions de travail des directeurs nécessite l’ouver-ure de négociations sur l’amélioration des décharges de service, l’amélioration financière, l’allègement des tâches et la clarification des responsabilités.

Norbert TRICHARD
Secrétaire Général
(*) Communiqué SGEN-CFDT du 12 novembre 2009
(1)Rapport de la commission Pochard
(2) Etude AMF /ANDEV octobre 2009


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