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Suite à la réunion du Groupe de travail convoqué par la DGESCO le 16 octobre sur le bilan de l’APE, le SNUDI fait part de son bilan à la DGESCO

Publié le 10 novembre 2009

Montreuil le 26 octobre 2009

A Monsieur JL NEMBRINI

DGESCO


Monsieur le directeur,

La réception le 16 au matin de la convocation pour la réunion du groupe de travail du vendredi 16 octobre à 15h00 ne nous a pas permis d’être présents.

Toutefois nous souhaitons vous communiquer dès à présent une première appréciation de la mise en œuvre de l’aide personnalisée.

L’aide personnalisée inscrite dans les décrets publiés le 31 mai 2008 et le 30 juillet a suscité colère, indignation et rejet de la part de l’immense majorité des enseignants du 1er degré.
Le vote de la plus grande partie de la communauté éducative au CSE du 20 mars 2008 contre ces décrets, qui a expliqué que ce dispositif n’est pas à même de combattre efficacement la difficulté scolaire, en a été l’une des manifestations institutionnelles, aux côtés des grèves et des manifestations qui ont éclaté à l’automne et au printemps 2008.
A tel point que M. Darcos a dû mettre en place un Service minimum d’accueil.

Ce refus des enseignants s’est exacerbé lorsque l’annonce de la suppression de 3 000 postes de RASED dans les circonscriptions a été confirmée, entérinant le caractère concurrentiel entre l’aide personnalisée et l’aide spécialisée au détriment de cette dernière.

Aujourd’hui force est de constater que les 60 heures d’aide personnalisée ne correspondent pas aux besoins d’un très grand nombre d’enfants dont la nature des difficultés scolaires qu’ils rencontrent ne peut trouver de solution dans l’aide personnalisée.
Le rapport de l’IGEN de juillet 2009 note lui-même que la confusion règne dans les écoles.
De plus, l’organisation des ces 60 heures annualisées pose de redoutables problèmes aux équipes dans les écoles : allongement de la journée de travail, difficulté pour les parents à assurer la présence de leurs enfants sur des plages horaires qui se retrouvent en dehors des horaires des transports scolaires…

Cette situation génère inquiétude et mécontentement réels chez nos collègues : des collectivités locales s’en emparent et tentent de modifier l’organisation de la semaine scolaire en sollicitant directement les parents par dessus l’avis des personnels et quelques fois de l’Education nationale elle-même.

De plus en cette rentrée, la répartition des 60 heures entre temps devant élèves et temps de préparation et d’organisation est remise en cause pour tenter d’imposer 60 heures devant élève, contrairement même à ce qui est indiqué dans le décret et la circulaire.
Des IEN interdisent par exemple que l’aide personnalisée puisse avoir lieu le midi sans que, là non plus, ni le décret, ni la circulaire d’application n’introduisent une quelconque restriction de cet ordre.

Toutes les heures devant élèves doivent rester sous le strict contrôle de l’Education nationale et de ses maîtres, en particulier du point de vue de l’organisation et du contenu. Il ne saurait être question d’une articulation entre l’aide personnalisée et tout autre dispositif extérieur à l’Education nationale.

Les enseignants n’en peuvent plus et le malaise profond qui s’est installé dans les écoles s’est traduit sous diverses formes ces derniers mois.
Ils sont en première ligne dans la lutte au quotidien contre l’échec scolaire. Bien peu pensent que la suppression de deux heures d’enseignement hebdomadaire pour tous est la solution pour aider les élèves en difficulté. Les maîtres spécialisés des options E et G du CAPAS-SH sont un des piliers essentiels d’une prise en charge efficace de la difficulté scolaire directement auprès des élèves.
Ce serait une erreur grave, comme le préconise le rapport de l’IGEN, de s’engager dans la transformation des enseignants de RASED en conseillers de leurs collègues.

Les maîtres du RASED doivent rester des enseignants qui interviennent auprès des élèves et dont la formation, assurée par l’Education nationale, permet l’obtention du CAPA-SH.
Le nombre de départs en stage CAPA-SH (E et G) doit être ajusté aux besoins.

Or l’aide personnalisée et la réduction du nombre de RASED font porter sur nos collègues la responsabilité de la prise en charge de la grande difficulté scolaire.
Cela modifie fondamentalement l’organisation de l’école publique en déportant la responsabilité de l’institution en matière de lutte contre l’échec scolaire sur les épaules des enseignants du 1er degré non titulaires du CAPA-SH.

Il faut arrêter ce processus.
Il faut remettre à plat les décrets instituant l’aide personnalisée.

Nous aurons l’occasion de préciser ces différents points lors de la prochaine réunion du groupe de travail.

Persuadé que vous comprendrez le sens de ma démarche veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma parfaite considération.

Norbert TRICHARD
Secrétaire Général


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